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Saint François d’Assise et l’art italien


I. LA BASILIQUE D’ASSISE ET L’ARCHITECTURE GOTHIQUE [1]

Durant longtemps, depuis la Renaissance et la Réforme, la vieille cité d’Assise et sa Basilique ne furent guère un but de pèlerinage que pour les fervens catholiques et les ecclésiastiques lettrés. Aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, les voyageurs, humanistes ou hétérodoxes, ne daignent plus s’arrêter dans cette bourgade, silencieuse et déserte, n’offrant à leur vue, sous des débris de tours et remparts ébréchés, qu’un amoncellement confus et désordonné de couvens et d’églises, tous d’un style démodé, gothique, barbare, irrégulièrement superposés en des lacis tortueux de ruelles glissantes et raboteuses, d’une escalade pénible. Si quelque esprit fort, au XVIIIe siècle, par hasard se rappelle le patron du lieu, saint François, c’est à travers le souvenir

  1. Henry Thode, Saint François d’Assise et les Origines de l’Art de la Renaissance en Italie (1885), traduit de l’allemand sur la dernière édition par Gaston Lefèvre. Paris, Laurens, 2 vol. in-8. — Docteur Ed. Lemp, Frère Elie de Cortone. Paris, Fischbacher, in-8, 1901, — C. Enlart, Origines françaises de l’architecture gothique en Italie. Paris, Thorin, in-8, 1894. — Adolfo Venturi, la Basilica di Assisi. Roma, 1908. — Walter Goetz, Assisi. Leipzig, 1909, etc.