Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/928

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


« travailleur sous-marin. » Celui-ci consistait dans une sphère métallique formant cloche et suspendue sous un navire, en communication avec elle par un tuyau d’air. La sphère était pourvue d’organes extérieurs, crochets, pinces, etc., manœuvres du dedans par deux ou trois hommes qu’elle porte. Sa forme, favorable à la résistance, lui permettrait d’opérer à des profondeurs considérables. A celles mêmes où le scaphandrier peut travailler, mais peu et mal, un appareil de cette sorte aurait chance de faire mieux, et du moins pourrait l’aider.

Il est vrai que certaines opérations difficiles semblent nécessiter la souplesse de la main et sa prise directe, en particulier pour le maillage des chaînes. On a indiqué l’avantage qu’il y aurait dès lors à fixer celles-ci sur l’épave par attraction de puissans électro-aimans ou succion d’une ventouse (principe du tire-pavé). On n’est pas sûr, cependant, de la résistance des tôles où ces actions s’attacheraient, ni du maintien de ces adhérences lors des fortes secousses.

Mais l’une des causes de retard et de danger dans le travail des scaphandriers, l’une des difficultés principales à adapter un tube de liaison sur une épave, ou à tendre des chaînés destinées à la soulever, réside dans les mouvemens des vagues qui font danser sans cesse le navire sauveteur, tandis que le sous-marin enseveli reste immobile. Entre les deux il y a nécessairement un point, de jonction où se font sentir toutes les réactions de ce mouvement perpétuel du flot ; et c’est là que les tuyaux se rompent ou que les chaînes cassent. Or le « travailleur sous-marin » ne serait pas à l’abri d’inconvéniens imputables à la même cause. La houle le ferait monter et descendre avec son câble de suspension, au risque de briser ce câble ou de faire pilonner la sphère mobile sur l’épave immobile. Si l’on tenait à s’assurer le bénéfice d’un semblable auxiliaire, on peut se demander s’il ne faudrait pas libérer le « travailleur sous-marin » de sa trop étroite dépendance, pour en constituer enfin un petit sous-marin, s’équilibrant lui-même dans l’eau, capable de mouvemens propres, remorqué seulement et retenu par une chaîne de sûreté, et en communication avec son convoyeur, qui lui enverrait ainsi la lumière et la force mécanique.

La plus efficace, la plus rapide des manœuvres qu’on pourrait essayer avec cet outil spécial consisterait peut-être à boucher de l’extérieur les brèches du sous-marin, en ne laissant que le