Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/95

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de voir son Président porté par acclamation à la Présidence de la haute assemblée. Elle a, en 1910, réuni à Paris le Congrès international privé dont le succès a eu un éclat qui n’est pas oublié.

Elle ne s’est pas bornée là.

Le sous-titre : Préservation de la jeune Fille, qu’elle ne tardait pas à prendre, disait clairement qu’elle n’entendait pas se limiter à la seule action répressive. Le sauvetage des victimes faites ou possibles devenait de sa part l’objet de la même sollicitude. Grâce aux libéralités de deux de ses membres, dont les noms doivent être signalés à la reconnaissance publique, Mme la baronne Edmond de Rothschild et Mme Simon Teutsch, elle créait à Clamart un asile pour les victimes de la Traite et fondait, à Paris, l’Œuvre des gares.

Les paroles suivantes tirées d’un émouvant rapport de Mme Oster, si connue pour son ardente charité, sous la haute direction de laquelle l’Asile a été placé, résument l’esprit et les premiers résultats de cette première institution : « Notre Œuvre est décidément entrée dans une marche normale ; peu à peu, dans cette petite population mouvante et variable, il s’est établi une sorte de discipline, j’allais dire une sorte de tradition… » Et ailleurs : « Notre Œuvre, si modeste qu’elle soit, est donc particulièrement utile ; permettez-moi de dire touchante. Nous ne sommes qu’Asile temporaire, ce qui nous permet de tenter des sauvetages qu’il serait impossible d’essayer dans les maisons d’éducation dont ces petites sauvages troubleraient le bon ordre et la paix. C’est pour ces maisons que nous travaillons ; nous leur préparons, d’une manière très humble et très insensible, de réconfortantes récoltes, je n’ose dire de magnifiques récoltes, parce que la plupart de nos résultats sont relatifs ; et pourtant, redresser un être, le rendre accessible au bien, lui créer une âme en quelque sorte, n’est-ce pas la plus magnifique des joies ? »

La tâche est souvent ardue. Voici encore un passage d’un autre rapport : « Récemment, une fillette est amenée vers le soir à l’asile : son premier acte, après inspection du local, est de dérober la clef du volet pour sauter par la fenêtre pendant la nuit. La direction s’aperçoit heureusement que la clef a disparu ; on cherche, on trouve, et voilà la première difficulté écartée. Le lendemain matin, à la première heure, notre fillette essaie encore de s’enfuir. Notre vigilante directrice la saisit par le pied, au moment où elle franchit le mur, et la ramène