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VIII

Le service d’éclairage des côtes et des flottilles doit être assuré par l’emploi d’aéroplanes de construction spéciale. Il pourrait cependant, à la rigueur, être confié à des appareils semblables à ceux de l’armée, puisque les observateurs, partant déterre, devront revenir à terre, après avoir effectué la reconnaissance des secteurs qui leur auront été assignés.

Il en est autrement du service d’éclaireurs d’escadres. Les observateurs et les appareils doivent alors être embarqués sur les vaisseaux, prendre leur vol en pleine mer, et revenir pour être embarqués de nouveau. L’aéroplane ordinaire, même muni de flotteurs lui permettant de ne pas couler à pic en cas de chute, convient mal à une mission de ce genre.

On a fait cependant, avec des aéroplanes à flotteurs, en Amérique et en Angleterre, des essais de lancement au moyen de plates-formes disposées à l’avant de grands navires de guerre, et aussi de retour des aéroplanes venant se poser à bord comme des oiseaux sur un perchoir. Ces expériences ont donné des indications plutôt que des résultats. On a reproché à l’installation du lancement d’être encombrante et de masquer une partie de l’artillerie. La manœuvre au départ est pratique par beau temps. On ne l’a point tentée avec du roulis. Celle du retour est très délicate en toutes circonstances. Si elle est manquée, c’est la destruction probable ou forte avarie pour l’aéroplane, et grand risque [tour l’aviateur. Mais on n’en est encore qu’aux premières tentatives. Avec un matériel improvisé, des appareils mal adaptés à ce genre d’exercice, et des pilotes n’en possédant encore aucune expérience, le succès immédiat était pour le moins improbable.

Sur la question de savoir si ces modes de départ et de retour des aéroplanes d’escadre pourront entrer dans la pratique, les avis sont encore partagés. Le succès de ces opérations dépend avant tout de l’obéissance du moteur et du coup d’œil du pilote. Elles ne pourront être entreprises que par temps maniable ; mais il en est de même pour toutes les opérations de la guerre navale. La tempête suspend les hostilités.

Il convient de distinguer entre la manœuvre du départ et celle du retour à bord. Pour la première, l’objection de