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tricts qui se sont formés à la hâte et ont commencé de fonctionner.

Quelles seront leurs décisions ? Question redoutable que, dans la plupart des cas, le gouvernement sera sans doute appelé à résoudre et c’est à lui une grande hardiesse d’en avoir accepté la responsabilité. On sait, en effet, que ces comités doivent être formés mi-partie de représentans des patrons et mi-partie de représentans des ouvriers. Comme il y a peu d’apparence qu’ils se mettent toujours d’accord, ou même qu’ils y réussissent le plus souvent, un arbitre désintéressé devra les départager et il sera un représentant du gouvernement. Bien mieux : si, quinze jours après la promulgation du bill, un district n’a pas formé de comité mixte, le ministre du Commerce « peut désigner telle personne qu’il jugera apte à agir aux lieu et place du comité » auquel cette tierce personne sera considérée comme « substituée. » Partout, on le voit, le gouvernement supplée par son initiative propre aux insuffisances ou aux défaillances de l’institution. Et les décisions à prendre du jour au lendemain, car les ouvriers marquent de l’impatience, sont d’une importance telle qu’il n’y en a peut-être pas de plus grande en ce moment. Qu’on ne s’y trompe pas, les ouvriers en général et les ouvriers anglais en particulier, à cause de leur sens réaliste et pratique, sont peu sensibles aux questions de principe : ce serait sans doute une erreur de croire qu’ayant obtenu l’introduction dans la loi du principe du salaire minimum, ils en éprouveront une satisfaction si vive que, du moins pour quelque temps, ils n’en demanderont pas davantage. Ce qu’ils veulent vraiment, c’est que les comités enregistrent partout les chiffres fixés par leur Fédération comme devant être ceux du salaire minimum. On peut même se demander si, dans tous les cas, ils s’en contenteront. Leur salaire actuel est, dans beaucoup de districts, supérieur à ce minimum : n’y demanderont-ils pas l’augmentation de ce salaire et ne jugeront-ils pas les comités mixtes bons ou mauvais suivant qu’ils leur procureront ou qu’ils ne leur procureront pas cette augmentation sur laquelle ils comptent ? Ils se sont mis en grève pour l’obtenir, ils estiment dès lors y avoir droit. Si on la leur refuse, leur irritation sera profonde et, un peu plus tut ou un peu plus tard, elle se manifestera par des actes. Si on la leur accorde, qu’adviendra-l-il d’un certain nombre de mines qui, travaillant actuellement sans bénéfices, ne consentiront pas à travailler à perte ? Un plus grand nombre n’obtiennent que de petits bénéfices : ces bénéfices ne risquent-ils pas de disparaître, et alors encore qu’arrivera-t-il ? D’autres sont riches sans doute, leur capital est largement rémunéré, mais si cette rému-