Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 20.djvu/244

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Il y aurait quelque hardiesse à dire que tout est fini en Orient et que la paix y est assurée pour toujours, ou même pour longtemps ; mais nous sommes à un point d’arrêt, où chacun s’appliquera à réparer ses forces et à mettre en œuvre, soit ce qu’il a acquis, soit ce qu’il a conservé. Tous les États balkaniques ont besoin d’argent et ce besoin est peut-être plus urgent à Constantinople qu’ailleurs. Djavid pacha est à Paris, où il négocie un emprunt : c’est sans doute à cette circonstance qu’est due, au moins en partie, la réponse à peu près résignée que la Porte a faite à la note des Puissances. Enfin l’Italie vient loyalement prendre sa part à ce règlement général des affaires orientales : elle avait promis d’évacuer les îles du Dodécanèse quand les troupes turques auraient évacué la Libye, elle s’apprête à réaliser son engagement, comme nous avons toujours cru qu’elle le ferait. Elle y a d’autant plus de mérite que son occupation des îles a été plus longue et que, chez elle, une partie de l’opinion pensait volontiers, suivant un vieux mot, que ce qui est bon à prendre est bon à garder. Mais il est encore meilleur de faire une bonne politique et d’inspirer confiance à tout le monde. Que l’Italie, en dédommagement des dépenses qu’elle a faites dans les îles du Dodécanèse, demande à la Porte et obtienne d’elle quelques concessions de chemins de fer en Asie-Mineure, il ne peut y avoir à cela aucune objection de la part de personne. Des négociations se poursuivent à ce sujet avec une compagnie anglaise qui avait déjà des droits sur la ligne que désire l’Italie : elles sont en bonne voie et ne peuvent pas manquer d’aboutir. Alors la diplomatie pourra peut-être prendre quelque repos.

Francis Charmes.
Le Directeur-Gérant,
Francis Charmes.