Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/211

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Le mineur doit donc posséder un bagage considérable de connaissances spéciales. Il doit savoir comment on traite, conserve et transporte ces personnalités instables que sont les explosifs ; quelle charge il en faut employer, selon les conditions et le but proposé, renseignement qui lui est fourni par nombre de formules qui supposent certaines connaissances mathématiques. Il doit savoir quelle longueur de bourrage s’impose, selon les conditions, selon le but ; quel espace il faut laisser entre les fourneaux de mine quand on procède par explosions multiples. Rien de tout cela ne se devine ni ne s’improvise : l’expérimentation et la mathématique ont permis de déduire des règles précises auxquelles il faut se tenir.

Pareillement, il y a toute une méthode, toute une technique de la construction des puits, des galeries, des rameaux ; et elles varient selon la nature du terrain, selon le caractère tout à fait éphémère, ou un peu plus permanent du travail. Tout cela a été codifié : le mineur sait ce qu’il a à faire, de quelle façon, et combien de temps, à peu près, cela va lui demander.

Le but est invariable : faire une explosion, et l’opération finale, c’est l’établissement de la chambre aux poudres, du fourneau de mine. Cette chambre est une cavité, que l’on creuse au bout du puits ou du rameau de galerie ; les dimensions en sont réglées par la charge qu’on y veut introduire ; et la charge, naturellement, dépend du terrain et de l’effet recherché. Elle dépend aussi de l’explosif employé, car sous même volume, deux explosifs différens ont des puissances différentes. On tient compte de tout cela pour faire une chambre aux poudres suffisante, ayant les dimensions requises. On se garde de perdre du temps à la faire trop grande, bien qu’en fait, sa capacité puisse être 8 ou 10 fois supérieure au volume de la charge sans diminuer d’une quantité appréciable l’effet de celle-ci.

Une fois le fourneau établi, on joint aux explosifs les détonateurs qui en détermineront l’explosion, et on met en place, soigneusement, l’engin qui servira à la mise du feu. Il varie selon les circonstances : parfois la traînée de poudre suffit (démolition d’édifices), ou bien le saucisson, protégé contre le bourrage par un auget ; on emploie encore des cordeaux spéciaux, dont le Bickford est le plus connu et le plus ancien ; enfin, il y a les fils électriques ; et c’est là le procédé le plus moderne.