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spectacle réconfortant ; elle s’est montrée animée du plus ardent et, en même temps, du plus sage patriotisme, et quelques-unes de ses séances seront parmi les plus belles pages de notre histoire parlementaire. Depuis, le parlement a rendu des services qu’il serait injuste de ne pas reconnaître. Ses Commissions ont fait beaucoup de besogne et plus d’une fois cette besogne a été bonne. Il y a là des hommes instruits, compétens, actifs, qui se sont donné pour tâche de rechercher, de constater ce qu’il y a eu d’insuffisant dans le rendement de nos administrations militaires et, comme on dit aujourd’hui, d’en intensifier la production. La Commission de la Guerre de la Chambre, et encore plus celle du Sénat, ont certainement fait œuvre utile et, puisqu’on parle de contrôle, il nous semble qu’elles ont trouvé le moyen d’exercer le leur. Enfermée dans ces limites, leur action a été salutaire. Mais la Chambre, mise peu à peu au courant de ce qui s’était passé dans les Commissions, a été prise d’impatience ; elle s’est demandé si elle n’avait pas à intervenir tout entière, non seulement pour contrôler le gouvernement, mais au besoin pour le remplacer. La multiplication des sous secrétaires d’État a été la manifestation de cette tendance dont il n’y a d’ailleurs pas lieu de s’étonner, car tous les pouvoirs tendent naturellement à empiéter les uns sur les autres, et une partie de la politique a pour objet d’en défendre les limites respectives. Le gouvernement a eu bientôt quelque peine à défendre les siennes. La question du contrôle parlementaire a été passionnément discutée, et le groupe socialiste unifié s’est efforcé de la faire trancher radicalement en donnant d’une manière absolue aux Commissions le droit d’enquête sur tout ce qui concerne les armées, à l’exception toutefois des opérations militaires. Les autres groupes, chacun dans des proportions différentes, ont senti ce qu’il y avait là d’excessif ; leur bon sens y a opposé des résistances ; plusieurs solutions transactionnelles ont été proposées. Finalement, on s’est mis, ou on a paru se mettre d’accord, et il a été convenu entre les délégués de tous les groupes et le gouvernement que le contrôle des Chambres s’exercerait par l’intermédiaire de leurs Commissions, qui délégueraient à cet effet certains de leurs membres pour des missions temporaires et pour un objet déterminé. Chaque mission devait donner lieu à un rapport écrit et signé par le rapporteur, sous sa responsabilité. Le gouvernement a accepté cette transaction, étant bien entendu que, pour la mise en pratique, il y aurait entente entre les Commissions et lui. Les délégués des groupes ont, à l’unanimité, pris acte de « l’entente établie ; » et on a