Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 29.djvu/839

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chemins de fer de la part qu’ils ont prise au développement national. C’est eux qui ont ouvert à la colonisation les immenses territoires du Centre et de l’Ouest. En bien des cas, les voies ferrées ont précédé les routes ; aujourd’hui encore, beaucoup d’Etats sont mieux partagés sous le rapport des premières que sous celui des secondes. La longueur du réseau est de 252 000 milles, c’est-à-dire plus de 405 000 kilomètres. La recette nette annuelle d’exploitation est d’environ 955 millions de dollars, soit, au change de 5 francs 18, 4 946 millions de francs, ou 12 210 francs par kilomètre. Au début, les chemins de fer reçurent de la Confédération d’énormes concessions de terrains (155 millions d’acres en vingt-deux ans), qui devaient leur permettre d’organiser la colonisation à mesure qu’ils posaient leurs rails. Depuis 1886, il n’en a plus été accordé.

La situation des compagnies, très brillante à une certaine époque, a cessé de l’être depuis que le renchérissement de la vie, l’élévation des salaires, la hausse des matières premières, ont réduit l’écart qui séparait les recettes brutes des frais d’exploitation. Il semblerait logique qu’en présence de ce fait, les tarifs fussent relevés. Mais les compagnies se heurtent ici à l’autorité fédérale, qui, par l’organe d’une Commission constituée en 1887, s’efforce d’imposer de plus en plus sa volonté aux chemins de fer, dont les concessions originaires émanent des Etats particuliers. Les transporteurs américains ne se plaignent pas de l’élévation, mais de l’inégalité des tarifs. Non seulement la Commission du commerce entre Etats, Interstate Commerce Commission, — tel est son titre officiel, — s’oppose en général aux relèvemens, mais elle est en lutte constante avec les compagnies, pour les empêcher de s’étendre, de grouper plusieurs réseaux, d’accorder des dégrèvemens à leurs cliens importans, pour leur interdire de posséder et d’exploiter des charbonnages, des usines. Dans les derniers temps toutefois, la situation est devenue si notoirement mauvaise pour beaucoup de chemins de fer, que la Commission leur a permis de hausser légèrement certains tarifs. Mais cela est encore bien insuffisant. Une des preuves de la situation médiocre dans laquelle se trouve cette grande industrie est le nombre considérable de wagons, près de 300 000, qui sont en ce moment inemployés. Les recettes des quatre groupes importans ont présenté la marche suivante au mois de mai des trois