Page:Revue des Deux Mondes - 1916 - tome 34.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


autant que possible des conditions effectivement réalisées dans l’aviation où le mobile se déplace dans un air pratiquement immobile par rapport à lui. Quatre procédés principaux et distincts ont été employés pour appliquer cette méthode.

1° Chute directe et libre d’un objet dans l’air, sous l’action de la pesanteur. Il est clair qu’un objet tombant ainsi d’une grande hauteur prend une vitesse qui croît d’abord, puis cesse d’augmenter et devient constante, lorsque la résistance de l’air (proportionnelle, rappelons-le, au carré de la vitesse, c’est-à-dire très rapidement croissante) est devenue égale à cette résistance. A ce moment, celle-ci est mesurée par ce poids. Cette méthode a été appliquée avec beaucoup d’ingéniosité par M. Eiffel, notamment au cours d’expériences classiques faites du haut de la Tour de 300 mètres qui porte son nom. Ces expériences, qui ont porté sur les objets les plus variés, ont fourni des résultats fort curieux, elles ont servi de prélude aux recherches remarquables dont nous parlerons ci-dessous, et qu’a exécutées plus récemment ce savant en utilisant la méthode du courant d’air. Ce premier procédé a en effet quelques légers inconvéniens qui en limitaient l’application : difficulté de l’appliquer à des objets un peu étendus et influence perturbatrice du vent qui se retrouve, d’ailleurs, dans toutes les méthodes de plein air.

2° L’emploi d’un manège dont le bras porte à son extrémité les objets à étudier. Le manège peut être en plein air, ce qui a des inconvéniens, ou dans une rotonde fermée où les irrégularités atmosphériques n’agissent plus. Un magnifique manège de ce genre ayant 32 mètres de diamètre et pouvant animer les mobiles étudiés d’une vitesse de 30 mètres à la seconde (108 kilomètres à l’heure), ce qui est une vitesse moyenne d’aéroplane est établi à l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr, dont un intelligent et généreux Mécène, M. Deutsch de la Meurthe, a doté l’Université de Paris et qui constitue un des plus précieux instrumens de recherches actuellement réalisés dans le monde, d’abord parce qu’on y a réuni les laboratoires et les appareils les plus variés de façon à contrôler tous les résultats par des procédés indépendans, ensuite parce que le professeur Maurain, directeur de l’Institut de Saint-Cyr, grand prêtre de ce temple superbe de la science aéronautique, est une des intelligences les plus nettes et les plus vives de la science française.

Et puisque je parle ici de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr, on me permettra de signaler, en le déplorant, un fait véritablement regrettable : à l’heure actuelle, dans ce moment décisif où tous les