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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




S’il faut tenir pour tout à fait exacts les derniers renseignements publiés par les journaux, les élections du 1 9 janvier pour la nomination d’une Assemblée nationale auraient donné : aux socialistes majoritaires, 163 sièges ; aux socialistes indépendants, 22 ; au parti chrétien populaire (ancien centre), 88 ; au parti populaire allemand (aile droite des nationaux-libéraux), 21 ; au parti démocratique (aile gauche des nationaux libéraux et progressistes), 75 ; au parti national allemand (conservateurs et conservateurs libres), 42. Les petits groupements divers ou des candidats non classés auraient le reste, et ainsi se parferait le total des 421 sièges. Les nationalités non allemandes, non seulement les Alsaciens-Lorrains, — cela va de soi, — mais les Polonais et les Danois, n’auraient pris cette fois aucune part aux élections. Il ressort du rapprochement avec les résultats des élections de 1912 que le centre catholique a maintenu à peu près intégralement ses positions : les autres partis que, chez nous, on appellerait « de droite » ont vu réduire les leurs ; le gain est allé à la gauche et surtout à l’extréme-gauche ; ce qui n’a rien que de très naturel en période de révolution, sous un gouvernement qui se décore de l’étiquette socialiste. Pourtant, malgré cette avance, les socialistes, même s’ils s’unifiaient ou si, plus simplement, ils s’unissaient, n’auraient pas dans l’Assemblée la majorité par leurs propres forces ; et l’on n’aperçoit, d’autre part, nulle combinaison possible de partis irréconciliables qui puisse l’avoir contre eux ; tout dépend donc de l’attitude qu’adopteront les démocrates. Les 163 socialistes majoritaires, même renforcés par les 22 indépendants, ne pourront former et faire vivre un gouvernement que s’ils font alliance, soit avec les 75 démocrates, soit avec les 88 membres du parti chrétien populaire, qui, à leur tour, serviraient au besoin de trait d’union avec les partis de