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SILHOUETTES CONTEMPORAINES




I


M. LOUIS MADELIN






La Société des Conférences annonce une série de leçons sur la guerre. C’est la première fois que la suite des événements des quatre années glorieuses sera esquissée devant le public dans une histoire complète. L’orateur sera M. Louis Madelin. Au moment où l’auteur des belles études sur la guerre, qui ont paru ici même, prend possession de la chaire des Brunetière, des Lemaître, des Faguet, des Ségur et des Donnay, essayons de tracer un croquis du jeune et brillant historien.

C’est au Canada, je crois bien, que je l’ai rencontré pour la première fois. Il avait déjà écrit Fouché et venait de publier la Rome de Napoléon. Il avait trente-six ans, était docteur depuis sept ou huit, après avoir été le plus jeune agrégé de France ; il venait d’obtenir coup sur coup le prix Thiers et un deuxième prix Gobert, en attendant de décrocher le premier avec son grand ouvrage sur la Révolution ; et Faguet l’appelait « un de nos tout premiers historiens, «ce qui n’était pas peu dire quand ces historiens, pour ne parler que des morts, se nommaient Sorel, Vandal, Houssaye. Tout le monde s’accordait à reconnaître dans ce nouveau venu un maître. Et puisque l’Université ne se pressait pas de l’utiliser, Brunetière, qui se connaissait en hommes, l’avait désigné pour faire aux États-Unis une de ces tournées de l’Alliance française, dont on ne dira jamais