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celle des prisonniers valides. Bateaux-hôpitaux et trains sanitaires fonctionnaient parallèlement aux autres. Aussi l’évacuation des malades a-t-elle été terminée huit jours après celle des valides seulement, sauf le ramassage bien entendu. Des automobiles sanitaires venues de France permirent le rassemblement de tous les malades dans les gares.

La plus grande difficulté a été celle du chauffage des trains. Les wagons sanitaires de provenance alliée ne se raccordaient pas toujours avec la tuyauterie de la machine. Aussi le chauffage n’a-t-il pas toujours clé assuré. Les conditions exceptionnelles de température en décembre et en janvier ont cependant permis aux médecins de ne pas trop retarder les départs.

Le 20 janvier, il ne restait plus que 77 intransportables. Tous furent évacués dans le délai d’un mois. Vingt trains sanitaires français partis de Mayence et de Bâle sont venus en Allemagne. Ils ont parcouru près de 16 000 kilomètres et ont enlevé plus de 5 100 malades et blessés alliés, dont 3 550 Français, I 100 Italiens, 250 Anglais, 60 Belges, 100 Serbes, 50 Roumains et 5 Portugais.

Le médecin-major Rhem, de la mission, dirigea magistralement ce service.


LES ÉGARÉS ET LES RETARDATAIRES

La cause principale des retards fut l’insurrection polonaise. Certains détachements, coupés de communication avec leur camp d’affectation, ne purent rejoindre entièrement et a temps. Il fallut faire un premier ramassage, qui eut lieu avant la fin des gros transports. Les quelques centaines d’officiers et d’hommes, partis vers Varsovie, rejoignirent généralement par Prague. Mais dès que j’arrivai et que j’eus connaissance de la situation, j’envoyai des cadres à Posen, officiers et médecins, pour y faire rassembler les hommes errant tant en Posnanie que dans la Pologne du Congrès. La liaison établie avec Varsovie permit ce rassemblement. Je pus toujours faire arriver trains et automobiles jusqu’à Posen, en les ornant de drapeaux français et les faisant accompagner par des officiers.

Plusieurs milliers d’Arabes étaient en Roumanie où les Allemands les avaient laissés en se retirant. Ils furent réunis, sur le Danube, aux éléments français de l’armée des Balkans.