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mande d’étendre son front plus loin que notre État-major ne l’avait prévu.

Dès 1914, la bataille de l’Yser amena la création de 6 nouveaux corps d’armée de réserve, 1 division bavaroise, 1 division de marine ; des réservistes jeunes, provenant de l’Ersatz (réserve de remplacement non instruite, laissée en excédent après l’incorporation de chaque classe), avaient été dressés en deux ou trois mois dans des camps d’instruction.

En 1915, la classe 1914, dont l’appel, échelonné sur plusieurs mois, commença seulement en décembre 1914, rejoignit le front, et ses 450 000 à 500 000 hommes, après avoir renforcé les régiments existants, servirent à créer 4 nouveaux corps de réserve et une division bavaroise. En même temps, une deuxième division de marine apparaissait sur le front. Dans le courant de la même année, l’Allemagne fut obligée d’appeler le premier ban de Landsturm pour 20 classes de recrutement, dont chacune est composée d’une centaine de mille hommes, classés comme les moins bons par les conseils de revision ; cet appel de deux millions d’hommes non instruits s’échelonna sur toute l’année, chaque portion rejoignant le front après deux ou trois mois d’instruction. En mai commença l’appel de la classe 1915, qui fut dressée en deux ou trois mois. Ces énormes réserves ne permettent pas la création de nouveaux régiments, mais des divisions nouvelles se créent, à 3 régiments au lieu de 4. Toutefois, la guerre de tranchée amène la création de bataillons de pionniers, de mineurs, etc., et l’on voit apparaître des bataillons de Landsturm sur le front russe.

La bataille de Verdun appelle sur le front la classe 1916, en février et en mars la classe 1917 dans les dépôts. L’offensive de Broussiloff en Galicie et celle de Foch sur la Somme obligent l’Allemagne à toutes les récupérations et à tous les expédients commencés en France dès 1915 : revisions nouvelles des réformés et exemptés, reclassement des hommes qui passent du Landsturm dans la Landwehr, de la Landwehr dans l’active, révocation des sursis d’appel en grand nombre, et comme conséquence ; service obligatoire civil, emploi de la main-d’œuvre féminine, etc. En même temps, les bataillons d’Ersatz, de Landwehr et de Landsturm se multiplient sur le front et font leur apparition en Belgique où ils libèrent des troupes actives. Des Belges et des Polonais, réquisitionnés militairement, vont remplacer les