Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 58.djvu/581

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Puis il ajouta à voix basse :

— Et maintenant, vous entendez bien, quoi qu’il arrive, ce soir, je ne veux plus recevoir personne. Ma décision est prise. Laissez-moi seul

Lentement il s’éloigna, rentra dans son bureau et ferma doucement la porte derrière lui… Le sort en était jeté. La journée du lendemain devait bien être une journée de victoire ! Hélas !… pourquoi des erreurs d’exécution qui m’échappent ont-elles transformé, le lendemain, en « coup nul » l’attaque décisive de ce 10e corps que le général de Castelnau nous avait laissé pour faire avec lui de grandes choses en de si angoissantes circonstances… ces 20.000 Bretons, qui portaient cette nuit-là, avec eux, l’espérance de la France ?…

Et pourtant tout paraissait bien préparé et bien prévu pour que ce corps d’armée tombât en masse et par surprise le lendemain matin dans le flanc de l’ennemi. A 19 heures 30, en effet, arrivait à Breteuil le lieutenant-colonel D… envoyé par le général do. Maud’huy pour rendre compte en détail des ordres qu’il avait donnés pour le soir et de ses intentions Pour l’attaque du lendemain matin 2 octobre. A 21 heures, le lieutenant-colonel D… téléphonait l’approbation de tout cela au lieutenant-colonel des Vallières à Adieux ; et, à la même heure, le général de Maud’huy donnait à ses grandes unités ses instructions pour le lendemain.

Son intention était d’attaquer, le 2 octobre, l’ennemi avec le 10e corps d’armée. Le mouvement devait tout d’abord être couvert du côté de l’Est, puis prolongé par les divisions du corps provisoire. Le corps de cavalerie devait agir en échelon offensif à l’aile gauche (Est) de la subdivision d’armée. En conséquence :

Le gros du corps de cavalerie devait être réuni pour 6 heures dans la région au Nord de Monchy-le-Preux, tenant le front Gueinappe-Boiry-Notre-Dame ; la 10e division de cavalerie devait être rendue à la même heure dans la région Boiry-Becquerollos et reprendre le contact étroit de l’ennemi sur le front Ervillers-Saint-Léger-Croisilles. La 1re division de cavalerie devait assurer la possession des ponts sur le canal de Vitry-en-Artois inclus à Lauches inclus et se tenir en situation d’appuyer la défense de Douai.