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à disparaître en Italie, il est de toute urgence que l’on prenne les mesures reconnues utiles.

Parmi celles-ci, on ne saurait passer non plus sous silence les moyens mécaniques usités dans les régions infestées et où l’homme est pourtant obligé d’habiter : les moustiquaires et voilettes et surtout les grillages métalliques placés devant les fenêtres des maisons et même, — en certaines parties de l’Italie, — aux portières des wagons ; ces moyens se sont montrés efficaces.

Reste enfin la grosse question du traitement et de la guérison des paludéens, importante non seulement pour eux, mais pour la collectivité, à qui il importe d’empêcher le mal de se répandre. Il est aujourd’hui démontré que la quinine est le spécifique idéal qui détruit, dans le sang même, les hématozoaires de la malaria. Les formes sous lesquelles on la fait absorber (granules, cachets, comprimés enrobés ou non dans une enveloppe qui, ne s’ouvrant que dans l’intestin, empoche les effets fâcheux qu’a parfois la quinine sur l’estomac ; injections intramusculaires ou intraveineuses), tout cela dépend du caractère éminemment variable de la fièvre. La quinine d’ailleurs s’est montrée non seulement un curatif, mais un excellent préventif dans les régions contaminées, et l’expérience a établi son efficacité prophylactique lorsqu’on en prend environ 2 grammes par semaine en deux fois.

C’est en généralisant ces mesures partout où il est nécessaire qu’on empêchera la malaria de s’étendre en France.

Beaucoup des remarques précédentes s’appliquent à un autre fléau exotique dont nous sommes menacés : le typhus exanthématique.

Cette maladie fébrile, à manifestations éruptives et intestinales, est plus grave que la malaria, puisque la mortalité en est, dans certaines épidémies, de 50 pour 100. Elle a toujours accompagné les guerres et les misères qui en résultent, et c’est miracle qu’elle n’ait pas décimé davantage les armées de la grande guerre. Ou plutôt cela prouve que quelque chose, malgré tout, est en progrès dans l’humanité : la propreté et l’hygiène.

Le typhus est en effet une maladie des gens et des peuples sales.

Comme la malaria, elle est transmise d’homme à homme par l’intermédiaire d’un insecte, mais ce n’est pas le moustique, c’est le pou. La découverte du rôle joué par les poux dans la propagation du typhus est encore un des succès de la science française, étant l’œuvre de Charles Nicolle et de Comte et Conseil. Le pou transmetteur s’in-