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les collèges secondaires, surtout depuis qu’on a ouvert, à l’usage particulier des Juifs, des établissements où l’instruction est donnée en langue polonaise. Enfin l’enseignement supérieur exerce, en Pologne comme partout ailleurs, un attrait singulier sur les israélites : en 1917-1918, il y avait à l’Université de Varsovie plus de 45 pour 100 d’étudiants juifs ; cette même année, les Juifs formaient 64 pour 100 des inscrits à la Faculté de médecine, 33 pour 100 à l’École de droit, environ 30 pour 100 à la Faculté de philosophie.

Les jeunes gens de race et de religion israélite qui suivent les cours des Universités sont, dans une certaine mesure, des assimilés ; le Polonais est, — ou est devenu, — leur langue naturelle. Mais quelle infime minorité forment-ils, au regard de la grande masse de leurs coreligionnaires, qui ne pensent, ne parlent, ne lisent qu’en hébreu ou en jargon ! L’école juive est le plus puissant instrument du séparatisme et du nationalisme israélites. Un savant polonais d’origine juive, qui est en même temps un exégète du premier mérite et un historien fort original, — il a passé sa vie à étudier le Talmud, d’abord dans son texte, puis dans son influence à travers les siècles et à travers le monde, — me faisait observer à ce propos :

— L’enseignement donné dans les cheders est, dit-on, exclusivement religieux. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Tout, pour les Juifs, n’est-il pas religieux ? Dans la Bible, dans le Talmud, ils ne trouvent pas seulement un dogme et une doctrine théologique, mais une morale et une politique, une méthode de pensée et une règle de vie. Ecoutez ce que dit le Talmud :

Si jamais tu dois aller à la guerre,
Tâche de partir le dernier
Et de revenir le premier.

Et il dit encore :

Un Juif qui fait que l’argent d’un Juif
Passe dans la main d’un Gotn (chrétien)
Mérite d’être puni de mort.

« L’argent, pour le Juif, est une chose sacrée, religieuse. La loi, pour lui, c’est la loi juive : les lois chrétiennes ne sauraient l’obliger. Or le Talmud n’interdit au Juif ni le vol, ni la délation, ni la trahison, s’il les exerce aux dépens d’un