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XI

On sait ce qui suivit : Augereau prenant possession du Corps législatif ; le Directoire mutilé par l’ostracisme de deux de ses membres, Carnot qui s’échappe et Barthélémy qui est arrêté ; les députés fidèles à la loi traqués d’asile en asile ; un simulacre de Représentation nationale réduit à enregistrer sous la peur les volontés de Barras et de ses complices ; le mensonge d’un complot royaliste servant à colorer les violences ; puis un vaisseau partant de Rochefort et déposant au rivage de Cayenne ceux des proscrits qu’on peut saisir.

Pour le Directoire, l’Église était la grande ennemie. Elle fut aussi la grande victime.

De par le décret rendu au lendemain du coup d’État, toutes les lois forgées contre les catholiques en 1792 et 1793 furent remises en vigueur.

Une seconde fois, la faction jacobine avait conquis la France. Mais il n’était pas sans intérêt de rappeler la tentative par laquelle le pays, bien avant Bonaparte, essaya, par l’intermédiaire de représentants honnêtes, de rétablir la paix religieuse, et de la rétablir sous la seule forme digne à la fois de l’Etat et de l’Église, celle de la liberté dans l’équité.


PIERRE DE LA GORCE.