Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/472

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voisins des Italo-Grecs que des autres. Les Germains sont plus voisins des Slaves-Lithuaniens. Les Celtes se divisant en deux branches, l’Irlandais, comprenant le Gaélique d’Écosse, et l’Armoricain bas-breton, comprenant le Gallois. Rien que des faits, l’exposé de la science ; on peut prendre beaucoup de notes. Cela ressemble à ces leçons sur l’art dans l’antiquité faites à Paris il y a trois ans par un Allemand poète réfugié à Londres, dont les poésies ont eu trente éditions, mais dont j’ai oublié le nom. En six leçons, avec cartes et grandes figures d’architecture, il donnait tout l’essentiel ; je l’ai entendu expliquer toute l’économie d’une maison de Pompéi. Mais on ne va là que pour se munir de science, pour apprendre : rien de piquant, de grand ou d’éloquent, peu de neuf. — Au moins cent vingt élèves ; tous prennent des notes. Pas d’applaudissement à la fin ni au commencement, ce qui est très bien. Toutes ces figures d’étudiants sont ordinaires, même laides et lourdes, deux seulement assez belles ; en général petits ; beaucoup de lunettes ; rien d’inquiet ni d’âpre, ce sont des gens sérieux et bien portants. — L’Université n’est pas belle. Ce n’est qu’un composé de salles. Bancs et tables étroites, le tout simple et fait pour l’usage : rien qu’un atelier scientifique.

Conversation avec M. Z… le recteur : homme de parole vive, accentuée ; très aimable et empressé. Il demeure au troisième étage, près du parc, dans une maison où il y a deux autres professeurs ; escalier non ciré, vieux ; ce que j’ai vu de la maison est très simple. — Hegel a été un dieu, mais il est tout à fait démodé. Schopenhauer est en tête, bien au-dessus ; de second ordre sont Fichte, Ulrici, Lotze. — M. Z… me confirme les faits cités par M. E… pour tout ce qui regarde les étudiants : leurs mœurs sont sages ; beaucoup s’imposent le vœu de chasteté et le tiennent. Mariage vers vingt-huit ou trente ans. Ils boivent (de la bière) et se battent. J’en ai rencontré deux aujourd’hui qui avaient des cicatrices d’estafilades au visage. — M. Z… me conduit au grand établissement de gymnastique et à la salle d’armes. Très complet ; mais il n’y a personne à cette heure. Dans une des salles, des petites filles de sept à douze ans font de la gymnastique au son d’un accordéon ; on leur joue des valses, elles dansent, puis tournent eu s’accrochant à des cordes qui partent d’un mât : très joli, très sensé. Le prix est modique, et il y a maintenant, une gymnastique annexée à toutes les écoles,