Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/493

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unique. — Joint à la jeunesse, sur la plupart des visages féminins, cela donne l’air d’innocence, de candeur ignorante, d’âme enfantine, primitive, capable de prendre tout pli. — Sur beaucoup de figures, notamment d’hommes, cela produit l’air niais, lourdaud, empêtré, maladroit, l’air du ruminant au repos ou de la bête de somme à la charrette. — Presque toutes les figures d’hommes, de jeunes filles et de jeunes femmes étaient dans ce-cas sur le bateau. Rien de plus fréquent chez les paysans et les ouvriers.

2o Dans les figures de femmes, la ménagère, la personne contente de sa petite vie, des détails d’intérieur ; la bonne poule qui pourvoit aux petits et veille à la mangeoire, bornée, sérieuse, attentive et doucement gaie par occupation continue et proportionnée, par limitation naturelle des désirs.

3o La rêveuse enthousiaste, mélancolique, atteinte de Schwärmerei et devenant nerveuse.

4o L’animal administratif, teneur de livres, employé, administrateur mécanique, parfait dans son genre, solide, raide, avec une nuance de grotesque.

5o L’animal d’espèce grossière, sauvage, énergique : le germain antique.


H. Taine.