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Quelques scènes du drame hellénique (juin-décembre 1916)


II. — DE JUIN A OCTOBRE [1]


I

Peu de temps après son arrivée à Athènes, l’attaché naval de France, le capitaine de frégate de Roquefeuil, avait été reçu par le Roi. Dans cette audience, la mentalité du souverain se révèle sous les formes les plus significatives et son ressentiment contre les Alliés se traduit par une suite de protestations tendant à démentir certains faits dont ils l’accusent. Ses mensonges saisis sur le vif par l’attaché naval mettent celui-ci en défiance et, par la suite, le souvenir qu’il en garde nous aide à comprendre son altitude envers le prince à la loyauté duquel il ne veut plus croire. Constantin se défend d’abord de ravitailler les sous-marins allemands dans les eaux de la Grèce. « Vous savez très bien, dit-il, que les sous-marins se ravitaillent en Asie-Mineure. » L’attaché naval ayant objecté que l’avant-veille, un sous-marin a coulé un bâtiment près de Salonique, c’est-à-dire dans les eaux territoriales grecques, le Roi reconnaît que la chose est possible, qu’il se peut que les sous-marins se rapprochent des côtes pour se ravitailler en vivres et qu’ayant rencontré un navire, ils l’aient coulé ; mais on ne trouvera aucune preuve de la complicité de la Grèce.

  1. Voyez la Revue du 15 novembre. Copyright by Ernest Daudet, 1920.