Page:Revue du Pays de Caux n1 mars 1902.djvu/11

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
5
CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

La Guerre Anglo-Boer.

Après de longues hésitations, le gouvernement Hollandais a tenté la démarche que les « Pacifiques » d’Europe réclamaient avec tant d’insistance et s’est fait éconduire à Londres. La chose s’est opérée doucement. Il est probable que le premier ministre Hollandais, le Docteur Kuyper, ne se faisait guère d’illusions à ce sujet : mais il avait à cœur de libérer sa conscience par une tentative quelconque ; il l’avait promis à ses électeurs ; il le devait à ses infortunés compatriotes de l’Afrique du Sud. En honnête homme, il a agi, se disant sans doute que si cela ne faisait pas de bien, cela ne ferait toujours pas de mal. Et, en effet, cela n’a rien fait du tout. Mais, personne, maintenant, ne se risquera plus à intervenir, d’autant qu’aucune puissance ne serait aussi bien qualifiée pour cela que ne l’était la Hollande. Le gouvernement de la reine Wilhelmine avait des titres spéciaux pour offrir sa médiation et il pouvait le faire sans donner d’ombrage à celui du roi Édouard. Là où il a échoué, personne ne saurait se flatter de réussir. Le curieux de l’affaire, ce sont les espoirs multiples et ardents que l’initiative Hollandaise a fait naître en Europe. Des journaux, des Sociétés, des individus ont exulté, comme si le vieux président Krüger était déjà en route pour rentrer à Prétoria. Cela montre à quel point l’opinion européenne est encore obtuse sur ce chapitre de l’histoire contemporaine. La pitié si légitime que lui inspirent les malheurs des Boers, l’admiration qu’elle éprouve pour leurs exploits, la vilaine figure du ministre Chamberlain, tout cela s’est combiné pour l’égarer. Elle ne voit ni les causes réelles de la guerre, ni son issue fatale, ni l’impossibilité où se trouve l’Angleterre de rien céder, ni enfin l’impossibilité où seraient les Boers de profiter d’aucune concession. Elle raisonne du Transvaal comme si c’était la Bavière et ne parvient pas à comprendre ses erreurs, quand même les événements les lui font sans cesse toucher du doigt. C’est là une circonstance très regrettable parce qu’il en sort toutes sortes de raisonnements erronés qui peuvent peser, sur la politique française notamment, d’une façon bien fâcheuse. Dans un de nos prochains numéros, nous reviendrons en détail sur cette question.

Le Conflit Chilo-Argentin.

Regardez donc la carte de l’Amérique du Sud, cela vous fera