Page:Revue du Pays de Caux n1 mars 1902.djvu/9

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VOIR LOIN, PARLER FRANC, AGIR FERME



Ceci n’est point une publication électorale.

Nous ne sommes candidats à rien du tout. Nous ne prétendons qu’à votre estime et nous ne vous demandons que de nous lire et de nous faire lire autour de vous.

Ce n’est pas davantage l’esprit de parti qui nous guide. Nous ne dépendons d’aucune Ligue, nous n’avons d’attache avec aucun groupe. Nous ne sommes liés à personne. Et pour que notre liberté soit plus complète encore, nous nous sommes émancipés de votre aimable joug, amis lecteurs. Au rebours de tout ce qui s’est vu jusqu’ici, ce n’est pas vous qui choisissez notre Revue, c’est nous qui vous choisissons comme abonnés et comme vous êtes des abonnés gratuits, vous ne serez pas surpris de nous entendre dire parfois des vérités qui vous déplairont.

Notre premier désir est de vous rappeler à la fois que vous avez une petite patrie dans la grande et que la grande n’est pas seule dans le monde.

C’est notre volonté ferme de lutter, dans la mesure de nos moyens, contre le mensonge qui coule à pleins bords dans l’univers moderne et constitue avec l’alcoolisme, un des pires fléaux qui menacent notre civilisation.

Nous vous parlerons de vos enfants que vous élevez mal, de vos maisons qui sont médiocrement tenues, de vos habitudes d’esprit qui sont défectueuses.

Nous nous efforcerons de détourner parfois vos regards du colza et de la betterave pour les diriger vers l’horizon humain ; et quand votre oreille sera lasse d’entendre les bruits de la grange ou de l’atelier, nous vous demanderons d’écouter avec nous ce que dit le vent du large qui agite, sur vos côtes abruptes, les drapeaux des sémaphores.

Nous vous parlerons des Républiques américaines qui grandissent puissamment de l’autre côté du vaste océan, de cette Australie confédérée qui vient d’introduire son drapeau dans le faisceau des couleurs nationales, de cet étrange Japon qui s’apprête à secouer la longue somnolence des races jaunes. Nous apprendrons