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BRAMANTE.

et où l’on remarque particulièrement l’emploi des colonnes engagées dans les murs et la très intéressante forme d’abside portée par des colonnes, en avant d’un arrière-chœur. La façade de San Giorgio Maggiore (Pl. 21), dont la silhouette très simple reproduit fidèlement la coupe de l’église, est remarquable par l’importance que prend le fronton et par le bel emploi d’un grand ordre de colonnes, qui est un des traits caractéristiques de l’art de Palladio.


V. — Les Papes de la Contre-Réforme.

Michel-Ange. Vignole. Giacomo della Porta.
Domenico Fontana.

L’histoire de l’architecture, comme celle de tous les arts, comme toute l’histoire sociale de l’Italie, nous a montré comment l’âge de la Renaissance s’était peu à peu déchristianisé. Le paganisme, le décor emprunté à l’antiquité, s’est fait une place même dans les églises, et personne ne semble s’étonner d’y voir des figures de satyres et de chimères y étaler leur nudité. Le monde italien se plaît à l’évocation de cette civilisation antique si bien faite pour charmer des lettrés et des artistes, et le Christ n’est plus le maître unique vers lequel tendent toutes les pensées.

La révolte de Savonarole avait été une première protestation contre ces tendances ; celle de Luther en fut une plus significative. Les peuples du Nord s’insurgent contre Rome et se séparent d’elle, provoquant ainsi un des plus grands malheurs de l’Église chrétienne, créant une lamentable