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BRAMANTE

Gesù, de Sainte-Marie des Monts, de Sainte-Catherine dei Funari (Pl. 23).


À côté et au-dessus de ces églises qui vont s’élever de toutes parts, la grande préoccupation de la fin du xvie siècle fut l’achèvement de Saint-Pierre (Pl. 4 et 24). C’est Michel-Ange qui va entrer en scène et terminer sa vie par son plus grand chef-d’œuvre. Mais ce n’est pas sans de longues et confuses discussions que l’œuvre se continue et s’achève. Plus que jamais on hésite sur ce que l’on doit faire et Michel-Ange ne trouvera pas encore la solution définitive qui fut adoptée. Michel-Ange, c’est le génie souverain de l’Italie, l’homme que toute une suite d’immortels chefs-d’œuvre ont consacré, que tous les papes rêvent d’avoir à leur service, l’obligeant continuellement à abandonner les œuvres commandées par leurs prédécesseurs pour en entreprendre de nouvelles : et ce fut la fatalité de cette longue vie d’avoir commencé tant de travaux, sans, pour ainsi dire, en avoir pu terminer aucun.

Lorsque Michel-Ange se voit confier la construction de Saint-Pierre, il a soixante-treize ans, et pendant toute la fin de sa vie, c’est-à-dire pendant dix-sept ans, il va s’y adonner tout entier. Il est âgé, mais encore sans maladie physique, et sans faiblesse morale : il est dans toute la puissance de son génie. Mais jamais il ne se trouva aux prises avec de plus grandes difficultés : lui, si indépendant, d’un caractère si absolu, si difficile, plus que jamais, il va avoir à lutter. Et pourquoi ? C’est ici un point