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BRAMANTE

du verticalisme. Par la hauteur des nefs, l’élancement des clochers, l’ascension de toutes les lignes, les architectes gothiques avait affirmé le désir de s’élever au-dessus des misères de la terre et de tourner tous les regards vers le ciel. L’art antique, au contraire, aussi bien l’art romain que l’art grec, avait toujours assis fortement ses constructions sur le sol, sans chercher des élévations inutiles. La ligne essentielle de leur architecture, la ligne horizontale, se substituant à la verticale gothique, tel est le premier caractère de l’influence de l’art antique sur l’architecture, et ce fut toujours l’un des plus importants, car c’est lui qui modifia le plus sensiblement le caractère de la construction.

La Renaissance influa aussi sur le décor des monuments. Nous avons dit déjà avec quelle rapidité l’ornementation antique avait remplacé les formes décoratives de l’art gothique, mais ce n’avait été encore qu’une modification d’importance secondaire. Beaucoup plus notable fut la disparition ou du moins la considérable diminution de toutes les grandes figurations religieuses qui remplissaient les églises : fresques à l’intérieur, bas-reliefs et statues sur les façades. C’est encore là une des conséquences les plus saisissantes de l’affaiblissement de l’esprit chrétien. On ne sent plus aussi vivement la nécessité d’utiliser l’église dans toutes ses parties, soit pour la consacrer à la gloire de Dieu, soit pour la faire servir à l’instruction ou à l’édification des fidèles. Et si les moindres raisons engagent les artistes à abandonner ces motifs religieux,