Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome I, 1916.djvu/446

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dans cette Circonstance une lettre de monsieur Duchambon, qui m’ordonne de me Rendre a Louisbourg, Si Je ne pouvois Reussir, J’ay Executté cet ordre, et m’y suis Rendu, après avoir Congedié Les sauvages, Ce que Je n’eusse peu Faire Sy Je n’avois Emporté Lors de mon départ de Louisbourg, douze quarts de farine, dont quatre que J’ay Conservé, m’ont servi a faire du pain pour mon Retour, voilla au Vray Monseigneur, La situation dans Laquelle nous étions a L’Accadie, Je me Comptois en Règle Ayant suivy mes ordres de point en point, et Je fus fort surpris d’apprendre par la Lettre de monsieur Duchambon qu’on m’imputoit La manque de Reussite de Cette entreprise, Comme si je d’eusse etre Responsable que monsieur Duvivier eut Demandé Inconsiderement des Vaux et occasionné au Roy une depence aussi Considerable.

J’ay demandé en grace amonsieur Duchambon de faire assembler tous Les officiers, afin que ceux du detachement peussent dire s’Ils avoint Connoissance de tout Ce que Monsieur Duvivier m’imputoit, Il me La Accordé, et ces messieurs ont assuré de n’en avoir aucune Connoissance ma Conduitte a differé de celle de Mr. Duvivier, Je ne Citte Rien que Je n’aye advancé en presence du Corps, et monsieur Duvivier a dit avoir plusieurs pieces Justificatives quil na point produittes.

J’ozerois Supplier Monseigneur de vouloir suspendre Son Jugement jusques a Ce que Je feusse Entendu, sy par hazard on m’imputait chose que Je ne peu prévoir Comme J’ay Lieu de Craindre que monsieur Duvivier ne Cherche quelques moyens pour me Faire Tomber Son Tord Comme Il y avoit deja travaillé, Ce que vôtre grandeur pourra voir par une Lettre quil Ecrivit amonsieur L’abé Laboret ; J’avois demendé amonsieur Du Chambon de me permettre de passer en france pour Rendre a Monseigneur vn Compte Exact de ma Conduitte, ce quil n’a pas jugé apropos de m’accorder ; Je Supplie aussi Monseigneur D’ordonner amonsieur duvivier de dissuader le public des mauvaises impressions quil a voulû donner de moy pendant mon absence ; La Conduitte que J’ay tenu dans ma mission ne détournera pas J’espere Monseigneur des Bonnes Intentions dans Lesquelles Il ma parû Etre de me procurer La Croix de saint Louis. J’attends Cette grace de vôtre grandeur, Vous assurant que Je ne chercherés que Les occasions de me distinquiesre.

Je suis avecque un tres profond respect, Monseigneur, Vostre tres humble et très obzeissant serviteur,

Le Ch. De Gannes.

de Louisbourg ce 28e 9bre 1744.