Page:Richardson - Histoire du chevalier Grundisson, Tome 2, 1763.djvu/298

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Il m’a donné la lettre. Son compliment m’a rendue fière. Je suis passée avec émilie dans le cabinet voisin, où elle a lu la lettre de sa mère ; mais ce n’a pas été tout d’un coup, ni sans être souvent interrompue par ses larmes ; et plus d’une fois elle m’a jeté les bras autour du cou, dans le transport d’une douleur muette, qui lui faisoit chercher comme un refuge. Je lui ai donné mille noms tendres. Mais je ne pouvois parler beaucoup. La lettre me touchoit vivement moi-même. On m’accorde la permission de vous l’envoyer. Ma chère émilie. S’il vous reste un peu d’amour et de respect pour une malheureuse mère, dont les fautes ont été barbarement exagérées, dans la vue de justifier le mauvais traitement qu’elle a reçu d’un mari qui n’étoit pas sans reproches, je vous conjure de me venir voir dans ma nouvelle demeure de Dean-Street, ou de me faire dire dans quel autre lieu je puis vous aller voir moi-même. Cette prière suppose qu’on ne m’accorde point la liberté de vous entretenir à Colnebroke, où je sais que vous êtes depuis quelques jours. Je ne puis me persuader que votre tuteur, qui passe pour honnête homme, soit capable de vous refuser une permission qu’il doit à la justice autant qu’à son honneur ; du moins si vous la demandez avec un peu d’instances,