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la chanson des gueux


La faim, la soif et le froid
Sont les sujets de ce roi
Qui s’intitule poète.
Pauvre roi, qui plus d’un jour
Donnerait toute sa cour
    Pour une omelette !

C’est entendu, c’est certain,
Nous aurons quelque matin
Notre colonne Trajane.
En attendant ce moment,
Nous la changerions vraiment
    Pour un mac-farlane.

L’auréole et ses rayons,
Sacrebleu ! nous les payons
En misère avec usure.
Nous célébrons nos los.
Quel hymne ! Mais nos sanglots
    Battent la mesure.

Vous qui buvez sans témoins,
Et qui mangez pour le moins
Trois fois par jour à votre heure,
Taisez-vous, quand par hasard
Nous attrapons une part
    De l’assiette au beurre.