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la chanson des gueux

Quand ma mère ouvrit son ventre,
——Je pris l’essor.

Ah ! qui donc m’achètera
——Mon joli piège,
——Mon joli piège ?
Ah ! qui donc m’achètera
Mon joli piège à rat ?

Je pris l’essor, et mes ailes
——Dans le ciel bleu
Ont fondu comme chandelles
——Qu’on jette au feu.
Aussi, nulle entre les belles
——Ne m’aime un peu.

Ah ! qui donc m’achètera
——Mon joli piège,
——Mon joli piège ?
Ah ! qui donc m’achètera
Mon joli piège à rat ?

Mais à l’amant qui assiège
——En soupirant
Leur cœur, plus léger qu’un liège
——Sur un torrent,
Je vends pour deux liards un piège
——Crac ! qui les prend.