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la mer

La fraîche caresse et la douceur.
Ô temps, ô baume salutaire !
Tant navigue-t-on qu’on voit la terre.

Ô patience, ô séraphin
Qui dans nos cœurs morts plantes ton glaive !
Ce fumier renaît. Un germe y lève.
Il y reviendra des fleurs enfin.
Ô temps, ô mot de ce mystère !
Tant navigue-t-on qu’on voit la terre.

Ô patience, ô saint trésor !
Tant fait-on de quarts que la nuit passe.
Tant suit-on les astres dans l’espace
Qu’enfin le soleil y prend l’essor.
Tant parle-t-on qu’il faut se taire.
Tant navigue-t-on qu’on voit la terre.