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MYOLOGIE.

corps charnu sera relativement plus court. Si nous considérons à l’état d’écorché un individu dont les muscles appartiennent au type long, on verra les fibres rouges descendre plus bas sur les aponévroses nacrées, qui diminueront d’étendue, l’écorché sera plus rouge.

Si, au contraire, les muscles appartiennent au type court, les parties rouges perdront de leur importance aux dépens des portions nacrées, qui gagneront en étendue ; ce sera un écorché plus nacré. Or, ces différences de couleur, invisibles sous la peau du modèle, se traduisent cependant à l’extérieur par des différences dans la forme, les parties rouges répondant généralement à des reliefs et les parties nacrées à des dépressions.

Ainsi, ou reconnaîtra facilement les hommes à muscles longs par l’atténuation générale des formes, malgré le volume musculaire, par l’absence de heurts violents au niveau des insertions musculaires, par l’aspect fuselé des membres. Les antiques, pour la plupart, se rattachent à ce type.

L’homme à muscles courts, au contraire, est pour ainsi dire tout en bosse et en creux. Le ventre du muscle plus court est plus saillant, et de larges dépressions avoisinent ses extrémités. La forme générale est heurtée. Elle a moins d’harmonie.

3° Les aponévroses d’enveloppe sont composées parfois de faisceaux distincts et plus résistants qui brident le corps charnu musculaire et provoquent, dans certaines conditions, des modifications fort importantes du modelé, comme il arrive, par exemple, à la partie inférieure de la cuisse, au niveau du vaste interne, dans l’extension du membre, avec relâchement musculaire, et à la fesse, au niveau du moyen fessier, lors de la flexion de la cuisse. Cette influence des aponévroses sur la forme extérieure n’a pas été jusqu’ici nettement formulée.

4° Le muscle qui entre en action se raccourcit et augmente d’épaisseur. Son relief sous la peau s’accroît alors, et il acquiert une dureté considérable. Le modèle d’un muscle contracté est donc bien différent de celui d’un muscle à l’état de repos. Mais je ferai remarquer ici que l’état de repos n’existe pas pour un seul muscle d’un membre en mouvement, Il faut donc se garder d’exagérer les oppositions entre les reliefs des groupes antagonistes. A l’harmonie du jeu musculaire doit correspondre l’harmonie de la forme. Je rappellerai comment la synergie musculaire s’exerce souvent, même pour un mouvement limité, sur des points très variés et très étendus du corps.

5° Enfin, un muscle relâché est soumis à action de la pesanteur, et sa masse, se déplaçant sous cette influence, donne la raison de certaines formes que nous étudierons plus loin.

De plus, si les points d’attache en se rapprochant dépassent les limites de l’élasticité, le corps charnu peut se replier en quelque sorte sur lui-même et former quelques plis perpendiculaires à la direction des fibres, ainsi qu’on l’observe assez souvent pour les muscles spinaux, dans la région des reins.