Page:Richet - Traité de métapsychique.djvu/581

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


COUPS ET RAPS 569

sont intelligentes, on a introduit dans la science cette donnée for- midable que dans le monde il y a des intelligences (humaines ou non humaines) capables d'agir sur la matière. Voilà pourquoi, je le répète, on a tort de ne pas s'attacher davantage à l'étude des raps.

D'autant plus qu'ils ne constituent pas un phénomène exception- nel. Certes, pour obtenir des coups très forts, sans contact, ayant un sens précis, il faut des médiums très puissants. Mais, même avec des médiums relativement faibles et peu exercés, s'ils touchent à peine la table, et qu'on ausculte avec soin la table, eu collant l'oreille sur le bois, on entend souvent de petits coups, rythmés ou non, n'ayant malheureusement pas grand sens, c'est-à-dire ne pouvant pas donner de phrases cohérentes, ni même de mots quand on épelle l'alphabet, suffisants tout de même pour établir le fait des vibrations mécaniques du bois. Avec des médiums très divers, j'ai obtenu ces vibratious, avec mon ami G. F..., avec Stella, avec A..., avec L... Avec Eusapia les raps n'étaient pas très fréquents, mais parfois (rarement), on en avait qui étaient forts et ébranlaient la table. Avec A... non seulement il y avait des coups dans une table, mais encore dans tout objet quelle tenait à la main. Il est vrai que le plus souvent ces raps n'étaient pas cohé- rents. C'était un tambourinage irrégulier, désordonné, interdisant toute conversation suivie. Pour qu'il y ait par les raps des réponses cohérentes, les médiums doivent être exceptionnellement puis- sants.

Avec les médiums faibles, quelquefois tous les phénomènes se limitent à des coups. Si l'on ignore que ces coups sont liés à la pré- sence du médium, on est tenté de croire qu'il s'agit d'une maison hantée. M. Hyalmer Wijk, de Gotenburg, en Suède, a étudié avec soin un cas de ce genre. Mad. N. Karin, hystérique, mais d'une intelligence très cultivée, a pendant longtemps, près de trois mois, entendu des coups retentissants dans la maison qu'elle habitait. Le D r Brière et Wijk les ont entendus aussi. Puis tout cela a cessé 1 .

J. Hyslop 2 , expérimentant avec Anna Burton, a entendu des raps, et il incline à croire qu'ils sont supernormaux, parce qu'ils se pro-

•1. Etude expérimentale sur les phénomènes de frappement spontané, A. 8. P., 1905, XV, 517-551.

2. Hélène de G. Vehkall, The case of Anna Burton, Journ. S. /'. H., XV, i'àl-2, 141.

�� �