Page:Rimbaud - Poésies complètes, Vanier, 1895.djvu/140

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Mangez les cailloux qu’un pauvre brise,
Les vieilles pierres d’églises,
Les galets, fils des déluges,
Pains couchés aux vallées grises !

Des faims, c’est les bouts d’air noir ;
L’azur sonneur ;
— C’est l’estomac qui me tire,
C’est le malheur.

Sur terre ont paru les feuilles :
Je vais aux chairs de fruit blettes.
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.

Ma faim, Anne, Anne !
Fuis sur ton âne.


Août 1872.