Page:Rimbaud - Poésies complètes, Vanier, 1895.djvu/48

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Et, comme un vol d’amour fait à ses sœurs stupides,
Elle compte, abattue et les mains sur son cœur,
Ses Anges, ses Jésus et ses Vierges nitides,
Et, calmement, son âme a bu tout son vainqueur.

Adonaï !… — Dans les terminaisons latines
Des cieux moirés de vert baignent les Fronts vermeils
Et tachés du sang pur des célestes poitrines,
De grands linges neigeux tombent sur les soleils.

Pour ses virginités présentes et futures
Elle mord aux fraîcheurs de ta Rémission ;
Mais plus que les lys d’eau, plus que les confitures
Tes pardons sont glacés, ô Reine de Sion.


III

Puis la Vierge n’est plus que la Vierge du livre ;
Les mystiques élans se cassent quelquefois,
Et vient la pauvreté des images que cuivre
L’ennui, l’enluminure atroce et les vieux bois.

Des curiosités vaguement impudiques
Épouvantent le rêve aux chastes bleuités