Page:Rivière - Recueil de contes populaires de la Kabylie du Djurdjura, 1882.djvu/18

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faiteur. Les voleurs sont armés d’un instrument en fer, sorte de monseigneur, qui leur permet de percer les plus épaisses murailles en fort peu de temps ; pris en flagrant délit, ils nient avec la plus audacieuse effronterie. Chez le peuple cultivateur de la Kabylie, la charrue est un instrument sacré ; aussi le malfaiteur qui s’en empare est-il flétri par l’opinion publique. Tout ce qui se trouve dans l’enceinte du village, le foyer domestique surtout, est réputé inviolable ; les délits qui en compromettent l’honneur revêtent un caractère de gravité spéciale; ils peuvent être punis par la lapidation ; l’assemblée des citoyens substitue souvent à cette peine la bastonnade, la cautérisation, l’incendie des vêtements ou l’abscision de la barbe et des moustaches.

Quant aux bestiaux parqués dans les plaines ils demandent à n’être jamais perdus de vue. Le régime des familles de médiocre fortune ne satisfaisant pas toujours tous les estomacs, beaucoup de Kabyles s’associent pour se livrer à des festins extraordinaires et volent la bête qui doit en faire les frais.

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