Page:Rochat - Réponse à l'écrit anonyme intitulé- de la formation des églises.djvu/71

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d’autant moins, que puisque les Apôtres ont remis au corps des disciples assemblés au nombre de cent vingt personnes, le choix de l’Apôtre qui devait remplacer Judas (Actes I, 16–26), et à la multitude des disciples, le choix des sept premiers Diacres ; les Églises ont l’analogie en leur faveur, lorsqu’elles s’attribuent le choix des Anciens, ou si vous voulez, le droit de reconnaître et de désigner ceux qui parmi elles, sont manifestés comme ayant les dons de cette charge[1].

Alléguerait-on peut-être en faveur du choix des Pasteurs, fait par Timothée, le passage où l’Apôtre lui dit : N’impose les mains à personne avec précipitation et ne participe point aux péchés d’au-

  1. Nous n’avons pas cité ici en faveur du choix, fait par les Églises, le passage contenu Act, XIV, 23, que Martin a traduit : Et après que par l’avis des assemblées, ils eurent établi des Anciens dans chaque Église ; parce que d’autres versions ont traduit : Ils établirent des Anciens dans chaque Église, et que nous tenons à ne citer que des passages sur le sens desquels on est parfaitement d’accord. Toutefois nous devons dire que la meilleure version latine du Nouveau Testament, qui est celle de Théodore de Bèze, traduit : Lorsqu’ils leur eurent, par le moyen des suffrages, établi des Anciens dans chaque ville. Nous ajouterons que le dictionnaire grec du Nouveau Testament, de Pasor, traduit le verbe grec qui est ici employé, par ces mots : je crée par le moyen des suffrages ; et il fait remarquer que ce verbe vient de deux mots dont l’un signifie main, et l’autre signifie étendre ; et qu’ainsi d’après sa composition, ce mot signifie : je choisis en étendant la main. La nouvelle version du Nouveau Testament, publiée à Lausanne en 1839, et qui est généralement reconnue comme étant la traduction textuelle de l’original, traduit ainsi : Et leur ayant nommé par voix de suffrage des Anciens dans chaque assemblée. J’ouvre dans ce moment la traduction du Nouveau Testament par Érasme, et j’y vois qu’il a traduit comme Théodore de Bèze. J’estime donc que ce passage est plutôt favorable au choix des Anciens par les Églises, et je ne puis guère expliquer les traductions qui ont ôté l’idée de suffrages, que par une préoccupa ion qui a saisi les traducteurs, à leur insu, et qui venait des fausses idées, généralement répandues, dans les Églises nationales où le choix des Pasteurs n’est pas remis à la masse de ceux qui les composent. — Plus qu’on ne le croit, on porte jusque dans les traductions de la Parole, l’impression de coutumes et de manières de voir, dont on ne soupçonne pas la fausseté, et auxquelles on fait ployer la Parole, lorsque de quelque manière elle peut s’y prêter.