Page:Rodenbach - Bruges-la-Morte, Flammarion.djvu/126

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les stalles, en double rang de boiseries sculptées, s’alignant près du chœur. Toutes les coiffes se juxtaposaient, leurs ailes de linge immobilisées, blanches avec des reflets décalqués, rouge et bleu, quand le soleil traversait les vitraux. Barbe regarda de loin, d’un œil d’envie, le groupe agenouillé des Sœurs de la communauté, épouses de Jésus et servantes de Dieu, avec l’espoir, un jour aussi, d’en faire partie…

Elle avait pris place dans un des bas côtés de l’église, parmi quelques fidèles laïcs également : vieillards, enfants, familles pauvres logées dans les maisons du Béguinage qui se dépeuple. Barbe, qui ne savait pas lire, égrenait un gros rosaire, priant à pleines lèvres, regardant parfois du côté de sœur Rosalie, sa parente, qui occupait la deuxième place dans les stalles après la Mère Révérende.

Comme l’église était belle, toute braséante de cires allumées. Barbe, au moment de l’Offertoire, alla acheter un petit