Page:Rodenbach - Bruges-la-Morte, Flammarion.djvu/29

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II


Hugues recommençait chaque soir le même itinéraire, suivant la ligne des quais, d’une marche indécise, un peu voûté déjà, quoiqu’il eût seulement quarante ans. Mais le veuvage avait été pour lui un automne précoce. Les tempes étaient dégarnies, les cheveux pleins de cendre grise. Ses yeux fanés regardaient loin, très loin, au delà de la vie.

Et comme Bruges aussi était triste en ces fins d’après-midi ! Il l’aimait ainsi !