Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/198

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M. PIERRE LOTI




Après bien des expéditions lointaines, M. Pierre Loti fit escale, un après-midi, au pont des Arts, pour visiter la pagode aux Quarante Bouddahs, baignée de lumière glauque, d’aspect sévère moins impressionnante néanmoins, pour le vaillant officier de marine que pour d’autres, ce bon Labiche, par exemple, qui ne pouvait s’empêcher de dire, le jour de sa réception : « C’est la première fois que je porte une épée et je n’ai jamais eu si peur. »

M. Pierre Loti ne fut pas dans ce cas ; mais gageons que, au sortir de la séance, pris de cette mélancolie des fins de fête, parmi le remous mondain des toilettes et des carrosses, devant le crépuscule d’avril rose et gris, il songea : « Je ne me suis jamais senti si triste ! »

Que pouvait faire le titre d’académicien à cette âme ? Peut-être y a-t-il tenu seulement à cause du costume, avec son goût spécial pour les déguisements qui tantôt le conduisit en Pharaon hiératique à un bal costumé chez