Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/12

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LA VILLE DU PASSÉ


 
Quand on va s’accouder au balcon de la vie
Pour contempler la fin pensive du printemps,
On se sent envahir par l’impossible envie
D’étreindre dans ses bras les horizons flottants.

Là-bas comme une ville aux vitres allumées,
Tout le Passé s’étend sous le grand ciel blafard
Et la tristesse bleue et lente des fumées
Ressemble à des ruisseaux coulant dans le brouillard.