Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/166

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



VERS D’AMOUR

 

I



Nous sommes dans l’amour comme sur un navire
Qui prend le large et va vers un port incertain ;
Le ciel est bleu, les flots ont des plis de satin
Sur le corps de la mer géante qui s’étire.

Les passagers d’amour penchés sur les haubans,
Tandis qu’un vent léger dans les voiles circule,
Regardent les lointains que leur désir recule
Afin d’éterniser ces heureux soirs tombants.