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VERS D’AMOUR



VIII



Querelles des amants ! Trahisons des paroles !
Romances qu’on embrouille aux cordes des violes !
Sanglot criard des violons désaccordés !
Querelles ! soupçons noirs les cœurs obsédés,
Grandes douleurs pour les causes les plus petites !
Les seuils sont défendus, les portes interdites
Dans le jardin du Rêve où, tout extasiés,
Les amants s’en allaient à travers les rosiers,
Quand leurs pas, accordés en marches fraternelles,
Semblaient se fuir et se chercher ― comme des ailes !
Mais voici vers l’ancien jardin de leur amour
D’où l’amante fantasque était partie un jour,
Voici qu’émue au bruit des jets d’eau qui s’égrènent
Elle revient ; voici les mains qui se reprennent
Et les bouches aussi comme deux fleurs de mai,
Longuement à travers le grillage fermé !