Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/206

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LA LOÏE FULLER


 
Déchirant l’ombre, et brusque, elle est là : c’est l’aurore !
D’un mauve de prélude enflé jusqu’au lilas,
S’étant taillé des nuages en falbalas,
Elle se décolore, elle se recolore.
Alors c’est le miracle opéré comme un jeu :
Sa robe tout à coup est un pays de brume ;
C’est de l’alcool qui flambe et de l’encens qui fume ;
Sa robe est un bûcher de lys qui sont en feu ;
Dans ses chiffons en fleur du clair de lune infuse ;
Ensuite, il émane une fraîcheur d’écluse ;
Et, comme l’eau tombant qui s’engendre de soi,