Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/217

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
214
LA VEILLÉE DU DERNIER JOUR DE L’AN


III



Souvenirs ! Souvenances !
Après l’été, le bon hiver,
Moins de rayons ― plus de nuances !
Le bon hiver, près de la lampe
À qui son abat-jour met un halo de tulle !
Si calmes jours, si calmes soirs,
Avec des livres, des estampes,
Et le prolongement de soi dans les miroirs !
Et l’on récapitule
L’année où rien n’est arrivé ;
Nul vol d’oiseaux ne s’est défatigué
Sur la maison au toit de tuiles !

Ô cette vie un peu, un peu trop immobile !
Toujours le même rêve inachevé
Et le même canal au long du même quai ;
Toujours les mêmes livres,
Et aux vitres, toujours les mêmes fleurs de givre.