Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/22

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LA PRIÈRE


 
J’évoque aussi parfois la grande chambre ancienne
Où nous allions prier pendant les soirs de mai ;
Comme pour la chaleur on ouvrait la persienne
L’âme des fleurs passait dans le vent embaumé.

Une madone blonde ornait la cheminée
Montrant des doigts son cœur traversé d’un couteau ;
Des chandeliers d’argent l’avaient illuminée
Et donnaient de la vie aux fleurs de son manteau.