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PREMIER AMOUR


Les rangs d’arbres plissaient dans le brouillard des voiles
En processionnant à l’horizon qui fuit ;
Et le cortège blanc des divines étoiles
Écoutait le Silence et regardait la Nuit.

À peine entendait-on en de lointaines rues
Les pas lourds d’un veilleur ou l’aboiement d’un chien
Et toutes ces rumeurs incessamment décrues
Évoquaient un eau morte où l’on ne voit plus rien.

Et je restais longtemps, debout, sous vos croisées,
Et mes yeux fatigués s’amusaient à saisir
Le caprice des fleurs de fonte entre-croisées
Aux dessins du balcon où montait mon désir.

Et me sachant tout près de vous dans la nuit calme,
J’imaginais qu’un peu de mon âme en émoi
Devait aller vers vous avec un bruit de palme
Et qu’en ce moment-là vous rêveriez de moi !