Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/115

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XII

Des femmes vont, le soir, se hâtant vers les laudes,
Des femmes au cœur simple, en mantes de drap noir
Oscillant comme un glas qui s’éteint dans le soir,
Tandis qu’au fond du ciel croulent des cendres chaudes ;
Des femmes regardant d’un regard affligé,
Avec le blanc fané de leurs yeux mitigé
D’un violet de deuil comme les cinéraires ;
Et, sous le soleil mort qui soudain s’effondra,
Les cloches, s’accordant à ces cloches de drap,
S’acheminent ensemble en lents itinéraires…