Page:Rodenbach - Les Tombeaux, 1895.djvu/18

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pierres survivant, comme si les tombes mouraient également. Or les tombes qui meurent ainsi, à leur tour, au-dessus des morts, c’est de la tristesse encore plus triste. C’est comme des larmes délayées dans de la pluie.

Çà et là, parmi l’herbe compacte, quelques dalles funéraires avaient réchappé. Mais si usées, si âgées ! Elles avaient perdu leur inscription, telles des aïeules perdent la mémoire.

Il y en avait trois surtout, assez voisines. Elles étaient tout