Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/442

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premier, on n’en convient pas ; pour l’autre, M. de Châteaufavier[1] en avait d’aussi bons qu’il soit possible, et il n’a point réussi. » Je suis impitoyablement revenue sur ce premier, qui ne tient pas essentiellement au titre d’inspecteur. « Mais quoi, si vous les séparez, ce serait donc comme homme de lettres : est-ce qu’on donne jamais des L. de N. à un homme de lettres ? » — « Pourquoi non, on en donne bien à un marchand de papier qui a fait un ballon ! » Mon vilain de rire comme un singe qui fait la grimace. Au bout de tout, il désirerait fort, pour lui personnellement, que les inspecteurs pussent aspirer à cette distinction et que toi, en particulier, pusses l’obtenir. Là-dessus, il m’a répété ce qui s’était déjà passé ; il a vu la lettre que t’a écrite Bld. [Blondel], l’autre, etc… Je lui ai dît que je n’en doutais pas ; que tu avais été induit à demander ces attestations parce qu’on n’avait pas désiré autre chose (les personnes de distinction qui te voulaient du bien), que tu savais que la marche à prendre était de s’adresser au contrôleur général, mais que tu ne voulais rien laisser faire à cet égard sans savoir d’eux s’ils le trouvaient bon et s’ils étaient disposés à te favoriser par leur rapport ; et que je m’étais d’abord adressée à lui parce qu’on avait fait entendre qu’il avait quelque raison particulière de mécontentement. Enfin il m’a engagée de voir ces Messieurs. Il m’a promis, si je voulais pousser les choses, de les engager et de se porter lui-même à un témoignage favorable. J’ai observé que, s’il entendait par là les aveux du bien évident, modifié par des restrictions comme avait fait M. B. [Blondel], cela ne devait pas m’inspirer de confiance quant à l’effet. Il m’a rassurée, mais en mordant à l’idée que c’était pour te conduire à la retraite. Je lui ai montré mes mémoires ; il m’a donné ses avis, m’a dit de refondre celui-là avec Valioud, brave homme en qui j’ai confiance et qui aime bien votre mari. Puis : « je puis beaucoup te servir ; on m’entend avec plaisir ». Il a loué mon enthousiasme qui faisait mon éloge : « Il fait, Monsieur,

  1. M. de Château-Favier, inspecteur des manufactures à Aubusson (Almanach royal de 1784, p. 274). — Il a fourni à Roland pour son Dictionnaire des manufactures (t. II, p. 196 et 206), un intéressant mémoire sur la manufacture de tapis d’Aubusson.